L’idée initiale de cette maison est simple :
Nous l’avons appelée « LA MAISON DES FAMILLES ».
La maison des familles, permet de positionner les liens parents/enfants comme une valeur fondamentale de notre travail et d’essayer, quelles que soient les défaillances parentales, de maintenir ce lien sous une forme adaptée à chaque situation. Il est nécessaire pour l’enfant de se confronter à ses parents, à la fois pour mieux se construire psychiquement et aussi pour mieux supporter la séparation engendrée par le placement.
L’objectif de la maison des familles est de maintenir un lien parents/enfants malgré les difficultés, dans un nouveau cadre, à la fois chaleureux et sécurisant, qui favorise les « retrouvailles » enfants/parents (à condition que cette relation soit vivante et non destructrice).
L’idée est de construire ou de reconstruire un étayage supplémentaire à l’équilibre familial, dans un souci permanent de favoriser le retour de l’enfant dans sa famille à plus ou moins long terme.
Forte de ce constat, l’équipe de La Providence s’est mobilisée pour trouver des solutions adaptées permettant un travail avec les familles et des rencontres parents/enfants de qualité.
Nous faisons l’hypothèse que l’utilisation de cette maison permet aux parents de poser un autre regard sur leur enfant et inversement.
En effet, outre ses qualités de convivialité, de chaleur et de sécurité, « la maison des familles » revêt un aspect transitionnel non négligeable. Elle n’est plus tout à fait l’institution, ni le lieu de vie des familles.
2 exemples :
Le premier, lors d’un hébergement sur la semaine ou le week-end (maximum 48h) ou de visite libre à la journée (10h – 16h)
En effet, nous faisons le constat de l’augmentation de situations d’enfants qui ne partent pas le week-end en famille simplement pour un problème matériel : Eloignement géographique des familles, précarité matérielle ne permettant pas un accueil des enfants le week-end au domicile des parents (alors que le droit d’hébergement est autorisé par le Juge des Enfants).
Nous constatons également qu’il peut y avoir cohabitation difficile au sein de la famille :
Par exemple entre concubins ou faisant suite à une séparation, l’un des deux parents est hébergé chez un tiers et les services émettent des réserves quant aux conditions matérielles dans lesquelles doit s’effectuer l’accueil de l’enfant.
Le fonctionnement de ce lieu est souple et s’adapte à chaque situation. Un éducateur de l’établissement est présent à l’accueil et au départ de la famille. Un contrat est signé dès la remise des clés précisant la durée et l’engagement des deux parties.
Durant ce séjour, l’enfant est sous la responsabilité des ou du parent(s) avec qui le contrat a été signé.
Le deuxième dans le cadre d’un droit de visite médiatisée définie par le magistrat pour un enfant confié à l’établissement.
Médiatiser (de médiat) Petit Larousse, « Servir d’intermédiaire pour transmettre quelque chose. »
Qu’est ce qui doit être transmis ?
Notre solidarité au droit de l’enfant (convention signée en 1989) « d’avoir accès à ses deux parents en toute sécurité »,
Notre solidarité au droit et au devoir des parents à rencontrer leur enfant,
Notre attachement au principe que pour bien grandir un enfant doit : Connaître sa place dans la généalogie familiale, et rencontrer réellement les membres qui la composent (autant que faire se peut).
Nos objectifs
Permettre – favoriser la rencontre entre l’enfant et son (ses) parent(s) dans les situations d’un droit d’hébergement suspendu, visite autorisée.
Permettre – favoriser une rencontre entre l’enfant et son (ses) parent(s) dans les situations de conflit relationnel aigu, dans les situations de refus d’une rencontre, exprimé ou de fait.
Développer un cadre sécurisant qui va réunir parents/enfants pour les rassembler dans la restauration (Par restauration il faut entendre : rétablir, améliorer, donner une nouvelle existence à une relation perturbée par des liens où chacun pourra exprimer ses opinions, ses particularités de manière satisfaisante).
Par ailleurs, la Maison des Familles peut faciliter les rencontres entre frères et sœurs, lorsque ceux-ci ne sont pas placés dans la même structure. C’est un outil supplémentaire pour les familles.
Comment faire :
Nous avons choisi un appartement excentré de la structure existante. Cet appartement, aménagé dans une ambiance familiale, permet l’accueil d’une famille de 6 personnes maximum. Il comprend :
Nous avons prévu de mettre à disposition draps et couvertures ainsi que les ingrédients de base pour la cuisine.
Nous avons souhaité mettre également ce lieu de « retrouvailles » enfants/parents à disposition du service Enfance Famille de la D.G.A.D.S., même s’il ne s’agit pas d’enfants nous étant confiés (sachant que nous donnerons priorité aux enfants confiés à l’établissement). Ceci dans un souci de collaboration constructive et de plus grande efficacité dans notre travail à tous.
En effet, nous savons que ce nouvel espace ne sera pas utilisé en continu par notre maison d’enfants et il nous semble dommage de ne pas en faire profiter les services du département. Dans ce cas, il convient de préciser très clairement que l’enfant et sa famille qui bénéficieront de la maison des familles ne seront pas sous la responsabilité de l’établissement.
Ainsi, nous pensons que ce nouveau dispositif nous conduira vers des possibilités nouvelles de travail, que nous n’avons d’ailleurs certainement pas encore totalement imaginées, comme par exemple l’idée que certaines situations nous seront confiées, sachant que nous avons cet outil de médiation des liens parents/enfants à notre disposition.