Depuis 20 ans la loi est venue aussi prendre soin des enfants placés en limitant à 2 ans les jugements en assistance éducative, en mettant l’enfant au centre du projet dans le cadre de la loi de 2002 et en mettant le projet de l’enfant au cœur de cette loi.

Le contexte juridique a évolué, comme les normes de sécurité très contraignantes, auxquelles sont soumis les établissements qui accueillent des enfants.

Nous devons être en mesure de faire respecter le droit,  tous les droits des enfants qui nous sont confiés. Nous ne pouvons-nous satisfaire de nous cacher sous le manque de moyens (qui est parfois réel), mais nous devons montrer que  notre capacité d’innovation et  de réflexion permet de mettre en œuvre  des actions simples et efficaces dans l’amélioration de nos quotidiens.

 C’est aussi parfois  le problème du moment qui fait émerger une solution durable.

Pour notre part, Le problème a surgit  un 24 décembre par une mère accueillie en CHRS qui avait des droits d’hébergement pour ses 4 enfants mais ne pouvait l’exercer car ses 4 enfants ne pouvaient bien évidemment être accueillis sur aucune des deux structures.

Le CHRS ne pouvait accueillir les enfants et  nous ne pouvions de notre côté accueillir la mère sur un groupe d’enfants.

A 10h du matin la veille de noël, la tension monte avec les enfants à la MECS et  la mère au CHRS.

Les professionnels de bonne foi et compte tenu de leurs moyens, n’avaient aucune solution si ce n’est de  financer une chambre d’hôtel mais qui restait très impersonnelle et peu compatible avec l’âge et la problématique des enfants.

A 14h, nous réalisons  que  l’association a  un appartement vide à proximité de la maison d’enfants depuis peu. Un appel au président pour avoir son accord et  nous installons en urgence un mobilier simple mais chaleureux. Nous ajoutons une déco et une base alimentaire sympathique et cet espace vide et impersonnel était  devenu un lieu accueillant pour une famille de 6 personnes.

A 16h, nous informons mère et enfants que nous avons une solution.  La joie  illumine les yeux des enfants quand nous leur annonçons la nouvelle et restera gravée pour tous les professionnels présents ce jour-là, pour ma part (le directeur), je ne l’ai jamais oublié.

A 18h, tout le monde s’installe pour préparer en famille le réveillon de Noël. Nous laisserons à la famille la jouissance de l’appartement durant toutes les vacances, puis un week-end sur deux pendant 6 mois, le temps que la mère quitte le CHRS pour un appartement où elle accueillera ses enfants en week-end puis définitivement 1 an après.

La Maison des Familles était née, c’était le 24 décembre 1991,

Nous avons compris combien ce moyen simple pouvait désamorcer des violences institutionnelles par l’apaisement des solutions proposées.

 

Nous décidons d’écrire un projet pour que de cet événement conjoncturel nous puissions construire dans la durée  un projet structuré car :

L’idée initiale de ces maisons est simple :

  • Les enfants ont des droits ;
  • C’est notre devoir de mettre en place des moyens pour qu’ils soient respectés.

Nous avons donc crée « les maisons des familles ».

En effet, nous faisons le constat de l’augmentation de situations d’enfants qui ne partent pas le week-end en famille simplement pour un problème matériel : Eloignement géographique des familles, précarité matérielle ne permettant pas un accueil des enfants le week-end au domicile des parents  (alors que le droit d’hébergement est autorisé par le Juge des Enfants).

Nous constatons également qu’il peut y avoir cohabitation difficile au sein de la famille   :

Par exemple entre concubins  ou faisant suite à une séparation,  l’un des deux parents est hébergé chez un tiers et les services émettent des réserves quant aux conditions matérielles dans lesquelles  doit s’effectuer l’accueil de l’enfant.

Le fonctionnement de ces lieux est souple et s’adapte à chaque situation. Un éducateur de l’établissement est présent à l’accueil et au départ de la famille. Un contrat est signé dès la remise des clés précisant la durée et l’engagement des deux parties.

Durant ce séjour, l’enfant est sous la responsabilité des ou du parent(s) avec qui le contrat a été signé.

Le second dans le cadre  d’un droit de visite médiatisée définie par le magistrat pour un enfant confié à l’établissement.

Médiatiser (de médiat) Petit Larousse, « Servir d’intermédiaire pour transmettre quelque chose. »

Qu’est ce qui doit être transmis ?

Notre solidarité au droit de l’enfant (convention signée en 1989) « d’avoir accès à ses deux parents en toute sécurité »,

Notre solidarité au droit et au devoir des parents à rencontrer leur enfant,

Notre attachement au principe que pour bien grandir un enfant doit : Connaître sa place dans la généalogie familiale, et rencontrer réellement les membres qui la composent (autant que faire se peut).

 

Nos objectifs

Permettre – favoriser la rencontre entre l’enfant et son (ses) parent(s) dans les situations d’un droit d’hébergement suspendu par décision du magistrat ou de l’ASE, visite autorisée.

Permettre – favoriser une rencontre entre l’enfant et son (ses) parent(s) dans les situations de conflit relationnel aigu, dans les situations de refus d’une rencontre, exprimé ou de fait.

Finalités

Développer un cadre sécurisant qui va réunir parents/enfants pour les rassembler dans la restauration (Par restauration il faut entendre : rétablir, améliorer, donner une nouvelle existence à une relation perturbée par des liens où chacun pourra exprimer ses opinions, ses particularités de manière satisfaisante).

Par ailleurs, les Maisons des Familles peuvent faciliter les rencontres entre frères et sœurs, lorsque ceux-ci ne sont pas placés dans la même structure. C’est un outil supplémentaire pour les familles.

Comment faire ?

Pour la Maison des Familles 1, nous avons choisi un appartement excentré de la structure existante. Cet appartement, aménagé dans une ambiance familiale, permet l’accueil d’une famille de 6 personnes maximum. Il comprend :

  • une pièce à vivre, (salon, séjour)
  • une cuisine,
  • deux chambres,
  • une salle de bain
  • une entrée avec interphone, indépendante de l’établissement.

Nous avons prévu de mettre à disposition draps et couvertures ainsi que les ingrédients de base pour la cuisine.

Pour La  MAISON  DES  FAMILLES  2,  nous avons fait le choix d’une Totale  Accessibilité  aux personnes en situation de handicap  avec la Création d’un espace proche de la structure existante.

Cet appartement aménagé, permet l’accueil d’une famille ou d’un groupe de 10 personnes maximum.

Il comprend :

  • une pièce à vivre, (salon, séjour)
  • une cuisine,
  • 4 chambres,
  • 2 salles de bain, dont une accessible aux personnes en situation de handicap
  • Une entrée indépendante de l’établissement

 

Pour les deux maisons des familles, nous avons prévu de mettre à disposition draps, couvertures, serviettes de toilette, torchons ainsi que les ingrédients de base pour la cuisine.

Nous avons souhaité mettre également ce lieu de « retrouvailles » enfants/parents à disposition du service Enfance Famille de la D.G.A.D.S., même s’il ne s’agit pas d’enfants nous étant confiés (sachant que nous donnerons priorité aux enfants confiés à l’établissement). Ceci dans un souci de collaboration constructive et de plus grande efficacité dans notre travail à tous.

En effet, nous savons que ce nouvel espace ne sera pas utilisé en continu par notre maison d’enfants et il nous semble dommage de ne pas en faire profiter les services du département. Dans ce cas, il convient de préciser très clairement que l’enfant et sa famille qui bénéficieront de la maison des familles ne seront pas sous la responsabilité de l’établissement.

Ainsi, nous pensons que ce nouveau dispositif nous conduira vers des possibilités nouvelles de travail, que nous n’avons d’ailleurs certainement pas encore totalement imaginées, comme par exemple l’idée que certaines situations nous seront confiées, sachant que nous avons cet outil de médiation des liens parents/enfants à notre disposition.

 

C’est un lieu mis à disposition gratuitement pour les enfants confiés à la maison d’enfant La Providence et à définir par convention pour les associations ou les services qui souhaitent bénéficier de ce dispositif.